|
| ELODY Papa
était un homme plein de vie, toujours partant pour faire la fête,
rigoler, etc. Jusqu'au jour où
Papa et Maman sont partis en
vacances pour la première fois de leur vie, le séjour s'annonçait
bien, le cadre était idéal. Mais lorsque j'appelais Maman (j'ai
toujours été plus proche de ma mère) j'entendais dans sa
voix que quelque chose ne tournait pas rond. Mais elle ne m'a jamais rien avoué,
et je n'ai jamais demandé. A leur retour, quelques jours plus tard,
je vois Papa, le visage très abimé
Je ne pose pas de questions,
je suis de nature plutôt réservée, et j'attends qu'on me dise
les choses plutôt que de demander
Dans la journée, Maman nous
réunit dans le salon avec mes 3 frères, nous explique que Papa a
fait un malaise et est tombé pendant les vacances. Je pense que ce jour
là personne n'a eu conscience de la gravité de la situation
Au
fil des jours, on a pu sentir Papa un peu triste, moins fêtard, comme s'il
sentait que quelque chose allait se passer. Le deuxième malaise n'a
pas tardé à venir
Un soir, nous étions à table,
Papa s'est mis à tousser sans plus pouvoir respirer
Il a perdu connaissance.
J'ai pu voir ce soir là ma mère dans un état de panique totale,
en pleurs, essayant de lui faire reprendre connaissance, impuissante, nous demandant
de l'aider (j'étais avec mon plus jeune frère qui devait avoir 15-16
ans), mais on était complètement choqués par la situation
et on ne bougeait pas. Papa est revenu à lui
Ces malaises revenaient
de plus en plus souvent, au point que j'évitais d'être à la
maison le soir à l'heure du repas, je redoutais ces moments là. Papa
s'est décidé bien tard à aller consulter
Le généraliste
l'a orienté vers un cardiologue et un pneumologue. Le diagnostic est
tombé
Notre cauchemar s'appellera
HTAP. HTAP, pour nous,
ça ne voulait pas dire grand-chose, et puis je n'ai pas cherché
à comprendre ce que c'était, j'entendais juste des morceaux de conversations
qui m'ont fait réalisé, des mois plus tard, que c'était une
maladie grave. Je crois que c'était l'été 2005. Son état
s'est assez vite aggravé, il était souvent hospitalisé et
était devenu bien triste
Très vite, j'ai entendu Maman
parler de greffe, ce mot me faisait assez peur. Papa ne voulait pas, mais les
docteurs l'avaient convaincu, il me semble, mais ça ne s'est jamais fait.
Je restais assez distante par rapport à lui et à sa maladie, je
ne cherchais pas le dialogue, je ne voulais pas comprendre, je ne voulais surement
pas ouvrir les yeux
Noël 2005 s'est assez bien passé, bien
que je ne m'en rappelle plus très bien
L'année 2006 a été
une année très lourde, il a subit de nombreux examens, des hospitalisations
à répétition, soins intensifs... Les malaises se sont arrêtés,
grâce à son traitement. Un après-midi, une société
médicale est venu nous livrer des bouteilles à oxygène, ça
m'a fait drôle, de voir Papa avec ce tuyau dans le nez, c'était assez
dur à supporter. Le soir, le bruit de la machine me faisait réaliser
à quel point il était souffrant. Et puis, un autre tuyau est
arrivé, malgré son désir
Depuis des mois, le médecin
voulait lui mettre une " cassette " qui diffuse un produit en continu,
mais Papa ne voulait pas, il était catégorique. Il a dû s'y
résoudre
Les infirmières venaient de plus en plus souvent
à cause de cet appareil, surtout que Papa avait le sommeil agité
à cause des médicaments, et il lui arrivait de " se débrancher
" comme il disait
Il parlait beaucoup la nuit, se levait, etc. Mais
ce qui m'a le plus marqué, c'est que quand il se réveillait inconsciemment,
il débranchait tout, la télé, le réveil. A mon avis,
c'est un signe qu'il ne supportait plus tous ces " câbles "
Hiver
2006, Papa est hospitalisé, mais Noël approche et il tient absolument
le faire avec nous, pensant que ce serait le dernier
Les médecins
lui accordent la sortie. Il est très mal, reçoit beaucoup de cadeaux,
mais ne s'amuse pas avec nous malgré nos efforts. Quelques jours plus tard,
Maman appelle l'hôpital, pour les avertir que Papa DOIT être hospitalisé,
car il ne va pas bien, et c'est vrai que pour nous, c'est assez stressant de l'avoir
à la maison dans cet état : il ne pouvait plus se lever, il parlait
à peine et disait des choses qui n'avaient pas de sens, il perdait la tête
et ne pouvait plus rien faire. Pendant plusieurs jours, je ne suis même
pas allé dans sa chambre, dont il ne bougeait pas, mais ce soir là,
Maman m'a demandé de lui porter son repas. Le lendemain matin, j'étais
au lit, j'entends les ambulanciers monter dans sa chambre, le descendre avec grande
difficulté pour l'emmener à l'ambulance. C'était début
Janvier 2007. Papa restera à l'hôpital. Le 20 Janvier 2007, au
soir, je fêtais mes 21 ans avec mes amis (mon anniversaire est le 21 Janvier).
A 1h30 du matin, Maman m'appelle, en pleurs, me demande de rentrer
Avec
le stress, je n'arrivais même pas à démarrer la voiture pour
rentrer. Arrivée à la maison, Maman m'annonce la nouvelle, Papa
est mort, le jour de mes 21 ans
Triste sort, je n'aurais plus jamais d'anniversaire
Cela
fait maintenant 7 mois et on reprend goût à la vie, mais cette maladie
à quatre lettres nous a pourri la vie, c'est très dur de remonter
la pente. Je souhaite beaucoup de courage à tous les proches de malades,
soyez forts et ne faites pas la même erreur que mois, parlez au malade,
écoutez le, profitez du temps qui vous reste et qui nous échappe. Elody

|
|
VIRGINIE Lorsque
l'on à découvert cette maladie "HTAPP" (maladie orpheline)
au début je ne comprenais pas sa gravité. C'était en septembre
2001. C'est à
l'hôpital de Lariboisière à Paris que tout fut découvert. Depuis
quand cette maladie ? À partir de mon adolescence ? Avant ? Après
? J'étais suivie par un cardiologue et un généraliste
depuis plusieurs années, pour une tachycardie par l'un, et de l'asthme
par l'autre
Egalement une suspicion d'embolie pulmonaire
Et même
recherche de leucémie. Le cardiologue me trouvait également
trop grosse pour lui, c'était de la graisse autour du coeur
Hospitalisation
à l'hôpital de Saint Camille à Bry sur Marne : 2 fois, à
Montfermeil : 2 fois. Malgré les électrocardiogrammes, échographies
cardiaques, etc. personne ne voyait. MAIS
RIEN DE TOUT ÇA
Demandant
un autre avis, je suis allée à Lariboisière : examens
Le nom de votre cardiologue !!! De
Lariboisière, je fus dirigée par le professeur T. à l'hôpital
Antoine Béclère en toute urgence, et fus reçu par le professeur
S. avec l'espoir qu'enfin on allait savoir ce que j'avais et après un traitement,
la guérison !!!
Une semaine après octobre 2001, j'étais
sous FLOLAN par perfuseur électrique continu 24h / 24h et à VIE
(Une petite machine à piles diffusant le produit) Traitement assez
lourd toutes les 12 heures, remplir la machine
Les
débuts étaient pénibles (entre pleurs et révoltes)
à 21 ans, savoir que je ne pourrais avoir qu'une amélioration mais
pas de guérison et seulement qu'une survie
Mais
j'ai relevé la tête
Les
débuts sous FLOLAN on marqué une nette amélioration, puis
peu à peu, dégradation de nouveau de mon état de santé
Fatigue à la marche, lèvres bleues, essoufflement
En août
2002 je suis mise sur liste de greffe cur-poumons. Deuxième choc
Espoir
peur
espoir
De
nouveau une année est passée et le samedi 4 juillet 2003 l'appel
de l'hôpital Marie Lannelongue
(nous avons un greffon, venez)
5 heures d'attente, mais finalement la greffe n'a pas pu avoir lieu, (problème
de greffon) Déception et j'avoue aussi du soulagement. A
partir de septembre, je dois impérativement me servir d'une chaise roulante
pour tout déplacement mais surtout REPOS, REPOS. "Une
petite astuce : pour éviter le fauteuil roulant, j'avais un petit scooter
électrique, je m'en servais pour les balades en forêt, à la
campagne, ou parfois pour faire de petites courses, mais impossible de s'en servir
dans la foule, là, c'était le fauteuil". 1
an encore d'attente, puis enfin le 5 septembre 2004 jour J
la greffe
Mais là, j'ai un peu "craqué" à l'hôpital,
j'ai demandé à ma mère si je pouvais refuser la greffe ?
Elle m'a répondu que oui, mais avait-je le droit de refuser cet espoir
de VIVRE ?
A
23 heures je descendais au bloc
Arrivée au bloc, on m'installa,
puis une dame me dit : "Je vais vous injecter un petit tranquillisant"
Et là, j'ai fait un gros dodo (Super le tranquillisant !!!) Au réveil,
j'entendais le bruit des machines, des gens qui parlaient
je me suis rappelée
la greffe, avait-elle eu lieu ? Oui ! Tout c'est passé normalement
: 1 semaine en réanimation et 2 semaines en chambre, puis la sortie
Cette
attente de greffe comment l'a-t-on vécue ? Le
moins possible près du téléphone. Malgré tout, tous
les portables restaient ouverts en permanence et vérifier si les communications
du ou des portable(s) passaient. Si on sortait, il fallait calculer à
moins d'une heure de Marie Lannelongue, et dans la région parisienne c'est
très limité en sortie (forêt, vide grenier, parc animalier,
musées, Disney
) APRES
LA GREFFE Nous
savions qu'après la greffe rien ne serait facile, mais l'être humain
a tendance à croire le contraire !!! Pendant la courte période
où j'étais hospitalisé (3 semaines) c'était presque
un miracle, j'avais "une pêche d'enfer", même en salle de
réanimation, je riais, bavardais et surtout je n'ai jamais souffert. Cela
fait maintenant 8 mois que je suis greffée et pendant 6 mois, il y a eu
2 rejets (3 jours d'hospitalisation), 1 ou 2 infections (1 semaine d'hospitalisation
par infection), 2 virus et la pose d'une prothèse sur la trachée
(la cicatrisation resserrait la trachée : ma capacité respiratoire
était descendue à 5% (1 semaine d'hospitalisation). Et puis le virus
CMV au mois de mars (+ de 3 semaines d'hospitalisation). Là, le traitement
a ètè très dur et j'en ai gardé un mauvais souvenir
d'autant plus que les reins ont pris un coup "insuffisance rénale". Hier
11 mai, visite à l'hôpital pour les examens de routine, après
1 mois de tranquillité et une forme "presque olympique", les
petites bronches ont légèrement baissé
Je suis rentée
à la maison, mais à 16h le téléphone : "Ici R-L
le pneumologue, désolé mais vous revenez demain, vous avez de nouveau
le CMV". J'étais découragée, car je ne ressentais
rien, je me sentais bien tout simplement et ça depuis bien longtemps Maintenant
je vais mieux moralement, je sais qu'il faut patienter et garder espoir, avoir
une bonne hygiène de vie et vivre NORMALEMENT. Début
juillet je pars en vacances "c'est super". Oui mais il faut avant que
j'aille en consultation à Marie Lannelongue
Voilà
! Un an que je suis greffée, du cur et des poumons. (C'était
le 5 septembre 2004) ET
JE VAIS BIEN. Je
n'ai pas encore fêté mon anniversaire de greffe, j'attends celui
de ma naissance au mois de novembre
(Je fêterai mes 2 anniversaires,
et le gâteau va être énorme). Tant mieux, car je suis très
gourmande, et tant pis pour la balance. En
juillet je suis partie en vacances ! (de vraies vacances), 2 semaines dans le
Gard, j'ai campé, j'ai vu le soleil, la mer, je me suis baignée
SUPER, après toutes ces années de galères !!! Les
visites en consultation à l'hôpital, sont passées de 1 mois
à 2 mois. Quant au CMV il me laisse tranquille pour le moment. Maintenant,
j'aimerais reprendre un travail, à mi-temps, mais ce n'est pas facile car
je n'ai aucune formation, avant j'étais animatrice de loisirs avec les
enfants. Hélas, je ne peux pas reprendre cette activité, les
enfants sont "sources de microbes" et leur contact n'est pas conseillé
à plein temps pour les greffés. Parfois, je garde ma petite
nièce (16 mois) mais dès qu'elle a un "gros rhume", ce
n'est plus possible
(Il faut faire avec). J'aurais
aimé avoir des enfants à moi, (au moins un). J'en ai un peu discuté
avec mon pneumologue
Il ma dit que c'était peut être possible
? Mais avec de grands risques pour moi et pour le bébé, des risques
qui ne sont pas négligeables, ces risques sont dus à la prise des
médicaments et un mauvais fonctionnement de mes reins (ils jouent trop
souvent au yoyo)
Mais
changeons de sujet pour le moment. Il
y a quelque temps, j'ai été contactée par une journaliste
pour une émission de télé qui va passer prochainement.
Le thème : après la greffe, êtes-vous la même personne
? Certains greffés pensent ou ressentent qu'ils ne sont plus eux-mêmes
ou qu'une deuxième personne est entrée en eux. Personnellement
je ne ressens rien de tout ça
.Je suis moi-même. J'aimerais
bien connaître ces personnes qui se sentent si différentes, parler
avec eux. J'ai
une grande admiration pour le donneur et sa famille, à qui je dois la vie
et à qui je pense tous les jours. (Ce petit cur qui bat en moi
tranquillement et ces poumons, eux si fragiles qui me permettent de respirer.
Enfin la VIE). J'en prends soin, pour cette famille, ma famille, mon mari
et pour tous ceux que j'aime. Merci à vous, qui malgré votre
douleur, permettez à d'autres de vivre, merci pour votre générosité. Deux
mois viennent de passer. Hier je suis allée en consultation à
Marie Lannelongue et tous mes examens sont OK
. Prochain rendez-vous
le 4 Janvier 2006
. "Chouette" Comme
je suis une grande bavarde, hier j'ai parlé avec un Monsieur qui a été
greffé il y a peu de temps. Il me disait que depuis la greffe, il se
sentait déprimé, et n'avait envie de ne rien faire. Pourtant il
se sentait relativement bien physiquement. J'ai
moi même ressenti ce même état d'esprit. Il faut dire qu'avant
la greffe, j'avais un " super moral "
même fatiguée
et je ne pouvais rien faire
. Lit, canapé, sortie en fauteuil roulant
.
Pendant mes trois
semaines d'hospitalisation, après la greffe, je pensais pouvoir tout faire,
même : "Escalader des montagnes " et dès ma sortie d'hôpital
!!!!
. Rien
de tout ça, j'étais fatiguée, "Normal au début
" j'avais tendance à me vautrer sur le canapé
(Comme
avant). "Mais
bien sûr, chaque personne est un cas différent et chacun réagit
différemment". Il
y a eu aussi, la peur d'un rejet, d'un virus, d'une infection, (enfin toutes ces
choses pas agréables)
C'est vrai, il y a toujours des risques, mais
en se surveillant bien, et en n'hésitant pas à appeler, son pneumologue
si on a un souci, et surtout se servir régulièrement de la petite
"trompette" pour surveiller son souffle, on vit tout à fait normalement.
Il faut quelques mois d'adaptation et de confiance. Après
quelque temps, ma mère a commencé à me bousculer un peu plus
chaque jour. "Virginie tu n'es plus malade, tu es en convalescence. C'est
une convalescence un peu longue, mais tu vas bien, alors bouge !!!".
Maintenant que cela fait 14 mois que je suis greffée, je vis complètement
et normalement. Comme
je ne travaille pas, je fais le ménage à la maison et le dîner
du soir, et parfois je garde ma petite nièce, "un ange". (Le
ménage n'est pas trop mon truc, mais en attendant mieux ! Quant à
la cuisine, je fais des progrès) !!!! Ce
Week-end de la Toussaint, je suis allée au Mont St Michel
EH OUI
!! J'ai eu un peu mal "aux pattes" de monter toutes ces marches,
mais avant je n'aurais pas pu le faire !!! Lundi je vais avec une amie courir,
bon là, n'étant pas très sportive, j'irais doucement et à
petites foulées
Amitiés
à tous. Virginie G.

|
|
Cyril Mélanie
s'est mariée avec Cyril en Mai 2001. C'est bien volontiers qu'il a accepté
de nous parler de leur expérience : son témoignage nous montre qu'avec
un minimum d'organisation, il est possible de vivre une vie à deux tout
à fait normale et de mener à bien de nombreux projets Cyril,
il n'est plus besoin de présenter Mélanie, mais, pouvez-vous nous
parler un peu de vous ? Originaire
du Nord de la France où nous vivons encore actuellement, je suis âgé
de 32 ans. Après des études en Ecole de Commerce, j'ai travaillé
tout d'abord dans le groupe Auchan, puis, depuis 3 ans dans un Cabinet de Conseil
en Ressources Humaines. Après avoir vécu ensemble avec Mélanie
pendant 5 ans, nous avons décidé de nous marier cette année. Vous
qui partagez depuis plusieurs années la vie d'une personne suivie et traitée
pour HTAP, quel message voudriez-vous faire passer ?
Globalement, mon sentiment
est, qu'avec un minimum d'organisation, il est possible de mener une vie tout
à fait normale. Si Mélanie est très autonome en ce qui concerne
la préparation et le maniement des pompes, nous avons l'habitude de gérer
à deux le travail d'anticipation parfois nécessaire, en fonction
des déplacements ou des sorties qui sont prévues. Cette réflexion
préalable commune nous permet de réfléchir ensemble aux meilleurs
moyens d'optimiser l'organisation. En fait, très peu de choses sont prohibées. Cet
été, par exemple, qu'avez vous fait pour vos vacances ?
Nous avons passé
d'excellentes vacances : un mois en Bretagne, à Belle Ile en Mer qui est
-comme vous le savez sans doute- un magnifique endroit. Ceci posait effectivement,
au départ, un certain nombre de contraintes d'organisation dans un lieu
situé à 700 km de notre domicile, mais éloigné aussi
de l'hôpital où est suivie Mélanie. Il a donc fallu anticiper
les commandes de médicaments et de matériel, trouver une infirmière
sur place, mais aussi choisir le mode de transport qui nous a semblé le
plus approprié (la voiture). Sur place, en respectant quelques règles
d'hygiène simples, tout s'est très bien passé et les petits
problèmes ont été gérés sans difficulté.
Une bonne organisation de départ permet, par la suite, de beaucoup simplifier
la prise en charge. Notre prochain projet de voyage est d'aller passer 5
jours à Barcelone, et là encore, avec un minimum de préparation
et d'anticipation, tout devrait très bien se passer. Quels
sont vos centres d'intérêt à vous et Mélanie ?
Comme dans tous les couples,
nous avons des centres d'intérêt communs et des centres d'intérêt
personnels, ce qui permet à l'un comme à l'autre d'avoir ses espaces
à soi. Tous les deux aimons beaucoup sortir, recevoir et voir des amis
et notre famille et partageons le goût de la gastronomie. Pour ma part,
je suis également un passionné de fun board et de ski alors que
Mélanie préfère la lecture et des loisirs plus calmes
Mais elle ne dédaigne pas une promenade en mer sur un voilier ou un ballet
de danse classique !

|
|
Anne Anne,
jeune femme d'une trentaine d'années vit à Nanterre avec son mari
et ses deux enfants. Atteinte d'une forme grave de l'HTAP, elle a été
greffée en 1994 : sa volonté et son courage lui ont
permis de retrouver une vie normale. Elle a intenté une action en justice
à l'encontre du médecin qui lui a prescrit des anorexigènes
préalablement au déclenchement de sa maladie (ainsi qu'à
l'encontre du laboratoire les commercialisant à l'époque).
Son histoire :
En 1990, cette jeune maman
en pleine santé va prendre, après la naissance de son 2ème
enfant, des anorexigènes plus communément connus sous l'appellation
de coupe faim. Des difficultés respiratoires apparaissent
et s'amplifient peu à peu, alors qu'il s'agit d'un problème inconnu
jusqu'alors. Le médecin consulté à l'époque évoque
un asthme de l'adulte. Cependant, la situation se dégrade rapidement et
elle doit arrêter son activité professionnelle. Au printemps 1994,
son état s'aggrave et elle consulte à l'hôpital Foch : le
médecin diagnostique une HTAP dont le bilan va être pratiqué
à l'hôpital Béclère de Clamart. Mise sous prostacycline
pendant quelques mois, elle s'inscrit sur une liste d'attente pour être
greffée. Sa
façon de réagir : - Physiquement
: tous les jours,
elle fait de la gymnastique pour ne plus être essoufflée. De temps
en temps elle monte les escaliers et elle reprend une activité à
mi-temps pour une PMI.
- Moralement
: elle se fixe des buts : le mariage de sa sur, la communion de son
fils, son prochain déménagement...
Elle souligne l'importance
du soutien des proches et la qualité du contact avec le personnel soignant. 

|
|
Pierre Son
histoire : A
15 ans, Pierre installé avec sa famille à la Réunion doit
faire un bilan de santé avant de s'envoler pour l'Australie. On a
découvert qu'il est atteint d'une HTAP. Depuis 4 ans, il est sous traitement
de Flolan® et il va bien. Sa
façon de réagir : Ma
vie est presque normale. J'ai maintenant 24 ans, je sors, je voyage beaucoup.
Evidemment, il faut emporter avec soi tout le Flolan® nécessaire. C'est
contraignant mais il suffit de s'organiser je change mes pansements tout seul,
j'arrive même à camoufler le bruit de la pompe Une greffe? "
Non, je n'y pense même pas. Si je dois mourir, autant que ce soit avec mes
propres poumons. J'ai confiance en l'avenir, et j'espere la découverte
d'un médicament plus simple d'emploi. J'ai des tas de projets que je veux
réaliser "

|
Bernard Bernard,
35 ans ingénieur nous dit : "La vie vaut la peine d'être vécue
malgré tout : je m'accroche" Son
histoire : En
1978, à 12 ans, Bernard, bon nageur doit passer des examens pour participer
à des compétitions. Son électrocardiogramme est anormal,
des investigations plus poussées révèlent une HTAP. Mais
il se sent bien, il continue la natation, puis passe au cyclisme, au surf et à
la planche à voile(sans toutefois faire de compétitions). Pendant
18 ans il vit tout à fait normalement, il n'a pas l'impression d'être
malade. Cependant une aggravation de l'HTAP l'oblige à démarrer
un traitement par le Flolan® en 1996. Sa
façon de réagir : "Le
Flolan® me permet de vivre comme tout le monde ou presque. Mes collègues
ne sont pas au courant de ma maladie et de son traitement. Je voyage souvent.
L'année dernière je suis parti 2 mois en Argentine : j'avais avec
moi 33 kg de Flolan® ! J'ai fait d'autres voyages : USA, Irlande,
Italie, Canaries, Espagne, Slovénie, Allemagne... Je fais aussi de nombreux
déplacements dans le cadre de mon travail. Par contre, j'ai 35 ans,
j'habite de nouveau chez mes parents. Je n'ai plus de relation amoureuse, c'est
en effet trop difficile d'expliquer à une femme ma maladie. De plus le
mode de traitement par pompe est déjà difficile à assumer
au quotidien, et vouloir entrer cette composante dans une vie de couple, cela
ressemble à de la science-fiction ! A moins que..." Sa
vie professionnelle : "
Après plusieurs années passées chez mes parents, j'ai décidé,
alors que j'allais mieux, de bouger un peu. J'ai profité d'une opportunité
dans mon travail pour déménager et quitter ma ville. J'ai pu ainsi
reprendre mon indépendance, avoir mon propre appartement dans une autre
ville. Mon Entreprise m'a confié de nouvelles responsabilités, notamment
le management d'une équipe de maintenance de 8 personnes. C'était
il y a trois ans de cela. Depuis 2 mois j'ai obtenu un poste de management d'une
équipe de 33 personnes sur Toulouse et j'ai donc été amené
à déménager à nouveau il y a 2 mois de cela. Il me
semble important lorsque l'on est atteint d'une maladie aussi grave de pouvoir
continuer à travailler ou d'avoir une activité pour ne pas couper
tout lien social. C'est
d'autant plus important que c'est un facteur stabilisant pour la personne et que
cela aide à mieux supporter la maladie. Bien évidemment je pense
à tous ceux qui n'ont pas les mêmes possibilités car ils
sont trop limités du fait de leur maladie."

|
Si
vous aussi vous souhaitez témoigner et partager ainsi votre expérience,
n'hésitez pas à nous
contacter...
|  |